Il y a encore quelques semaines, Cleveland ressemblait à une équipe en reconstruction, condamnée à regarder les favoris de l’AFC Nord se battre au-dessus d’elle. Trois matches plus tard, le décor a changé. Pas complètement, pas encore, il est trop tôt. Mais suffisamment pour que la réception de Pittsburgh, en ouverture de la 4e semaine de NFL, ressemble déjà à beaucoup plus qu’un simple match de Week 4.
Avec deux victoires pour une défaite, les Browns peuvent prendre seuls la tête de l’AFC Nord en battant les Steelers. Une perspective presque incongrue après le naufrage inaugural à Jacksonville (10-34). Depuis, Cleveland a gagné à Tampa Bay (23-19), puis résisté à Carolina (21-18). Deux succès arrachés dans le quatrième quart-temps, comme si cette équipe apprenait en accéléré une qualité qui lui faisait défaut: savoir gagner les matches serrés.
Le renouveau de Deshaun Watson?
Au milieu de cette renaissance se trouve forcément Deshaun Watson. Certes, nous sommes encore loin du Deshaun Watson de Houston. Peut-être ne sera-t-il plus jamais ce joueur là d’ailleurs. Mais le quarterback des Cleveland Browns donne enfin quelques signes de stabilité.
Après trois rencontres, Watson affiche 587 yards, 68,3 % de passes complétées, cinq touchdowns pour une interception et un rating de 104,1. Surtout, Cleveland vient d’enchaîner deux victoires au cours desquelles il a lancé deux touchdowns sans perdre le ballon.
Les chiffres les plus intéressants arrivent lorsque les matches se resserrent. Dans le quatrième quart-temps cette saison, le maître à jouer des Browns a complété 20 de ses 25 passes pour 253 yards et trois touchdowns, soit un rating de 148,4. À Tampa puis contre Carolina, il a conduit Cleveland au touchdown dans les six dernières minutes.
Face aux Panthers, tout n’était pourtant pas séduisant. Seulement 144 yards à la passe et 16 passes complétées sur 30. Puis, lorsque les Cleveland Browns ont eu besoin de lui, Watson s’est échappé vers sa gauche avant de trouver Harold Fannin Jr. dans la end zone pour le touchdown décisif. Une action presque symbolique: rien n’est encore parfaitement propre, mais quelque chose recommence à fonctionner.
Une défense qui attaque
La véritable identité de ces Cleveland Browns se trouve, comme souvent lors de ces dernières saisons, de l’autre côté du ballon. Le départ de Myles Garrett pouvait laisser un vide immense. Cleveland semble avoir décidé de le remplir collectivement. Contre Carolina, la défense a généré de la pression sur 51 % des dropbacks adverses en blitzant moins de 30 % du temps. Sur l’ensemble de la saison, son taux de pression atteint 42,2 %, deuxième meilleure marque de NFL.
Au centre de la tempête apparaît Mason Graham! Après une saison rookie à seulement un demi-sack, l’ancien choix numéro 5 de la Draft 2025 en compte déjà quatre en trois rencontres, dont deux face aux Panthers. Cleveland n’a donc pas seulement trouvé un joueur capable de gagner ses duels à l’intérieur: Graham permet aux Browns de créer de la pression sans sacrifier leur couverture.
Derrière lui, Carson Schwesinger continue de nettoyer. Le Defensive Rookie of the Year 2025 a déjà participé à 26 plaquages cette saison, après les 157 de sa première année. Moins spectaculaire que Graham, il reste l’un des éléments qui donnent à cette défense sa cohérence.
Pittsburgh, premier véritable examen
La week 4 qui se présente donc devant les Cleveland Browns promet de nous en dire beaucoup sur le niveau de cette équipe! Pittsburgh arrive également avec un bilan de 2-1. Le vainqueur prendra la tête de l’AFC Nord. Et pour Cleveland, le défi pourrait parfaitement résumer son début de saison: sa force défensive devra compenser les imperfections d’une attaque qui ne produit encore que 266 yards par match, 30e total de NFL.
Le premier duel se jouera à l’intérieur. Aaron Rodgers face à Graham et au pass rush des Browns. Cleveland devra empêcher le vétéran de trouver rapidement ses receveurs tout en surveillant Jaylen Warren, auteur de 176 yards depuis la ligne de scrimmage contre Cincinnati.
L’autre matchup pourrait être encore plus déterminant: la ligne offensive de Cleveland contre T.J. Watt et Alex Highsmith. Watson a déjà subi neuf sacks en trois rencontres, tandis que Pittsburgh possède le meilleur taux de sacks de NFL lorsqu’il envoie quatre pass-rushers ou moins (11,8 %). Si les Steelers peuvent mettre Watson sous pression sans blitzer, les fenêtres se refermeront rapidement.
C’est peut-être là que se trouve la frontière entre la jolie histoire de septembre et quelque chose de plus sérieux. Les Browns n’ont encore rien conquis. Leur attaque reste irrégulière, leur jeu au sol cherche son rythme et Watson doit prouver que ses éclairs de fin de match peuvent devenir une performance complète. Mais les Cleveland Browns possède déjà une défense capable de rendre chaque rencontre inconfortable.
Dans une AFC Nord où personne ne distribue les victoires gratuitement, c’est souvent ainsi que commencent les équipes dont on finit par avoir peur.

