Un an après avoir retrouvé les sommets de la NFC Nord, les Chicago Bears ne peuvent plus se cacher. L’arrivée de Ben Johnson a transformé une franchise qui cherchait depuis trop longtemps une identité offensive, tandis que Caleb Williams a commencé à justifier son statut de premier choix de la Draft 2024. Désormais, Chicago doit passer de la belle histoire au statut de candidat durable en NFC. Et dans une division toujours aussi impitoyable, la confirmation pourrait être plus difficile encore que la résurrection.
Retour sur la saison 2025
Pour sa première saison à Chicago, Ben Johnson a immédiatement changé la trajectoire de la franchise. Les Bears ont terminé la saison régulière avec un bilan de 11 victoires pour 6 défaites, remportant la NFC Nord et retrouvant les playoffs. Ils y ont ajouté une victoire particulièrement savoureuse contre les Green Bay Packers, 31-27 au Wild Card Round, avant de s’incliner de justesse 20-17 face aux Los Angeles Rams au tour suivant.
L’amélioration offensive a été spectaculaire. Chicago a inscrit 441 points, soit 25,9 par rencontre, neuvième total de NFL. L’attaque a accumulé 6 282 yards et surtout retrouvé une dimension terrestre avec 2 456 yards à la course.
Caleb Williams a lui aussi franchi un cap. Pour sa deuxième saison, le quarterback a lancé pour 3 942 yards, 27 touchdowns et seulement 7 interceptions, tout en ajoutant 388 yards au sol. Sa précision reste perfectible avec 58,1 % de passes complétées, mais le changement le plus important concerne sa protection : après avoir subi 68 sacks en 2024, Williams n’a été sacké que 24 fois en 2025.
La défense a en revanche présenté un visage beaucoup plus contrasté. Chicago a encaissé 24,4 points par match, seulement 23e de NFL, et abandonné 6 150 yards. Elle a néanmoins compensé par une capacité extraordinaire à provoquer des pertes de balle: 23 interceptions et un différentiel de turnovers de +22. Impressionnant!
Les mouvements de l’intersaison 2026
Chicago n’a pas essayé de conserver son effectif intact. Le mouvement le plus spectaculaire concerne DJ Moore, envoyé à Buffalo avec le choix 165 de la Draft contre le choix 60. Moore sortait de sa moins bonne saison statistique avec les Bears, limitée à 50 réceptions, 682 yards et 6 touchdowns. Son départ confirme la volonté de donner les clés du jeu aérien aux jeunes receveurs.
La ligne offensive a également connu un bouleversement avec la retraite de Drew Dalman. Chicago a immédiatement réagi en récupérant Garrett Bradbury auprès des Patriots. Les Bears ont ensuite sélectionné le centre d’Iowa Logan Jones au 57e choix, vainqueur du Rimington Trophy en 2025.
Les changements sont encore plus importants en défense. Le linebacker Tremaine Edmunds a été libéré, tandis que les safeties Kevin Byard et Jaquan Brisker sont respectivement partis à New England et Pittsburgh. C’est considérable lorsque l’on sait que Byard avait intercepté 7 passes en 2025 et que Brisker avait enregistré 93 plaquages.
Pour reconstruire cette unité, les Bears ont notamment recruté le linebacker Devin Bush, le safety Coby Bryant, le defensive tackle Neville Gallimore et le receveur/returner Kalif Raymond. La Draft a également apporté un potentiel titulaire immédiat avec le safety d’Oregon Dillon Thieneman, choisi au premier tour avec le 25e choix.
L’attaque 2026 des Chicago Bears
L’attaque devrait rester le principal argument de Chicago. Williams entre dans sa troisième saison avec une deuxième année consécutive sous Ben Johnson, ce qui pourrait être déterminant. Les Bears avaient enfin trouvé en 2025 une structure offensive permettant à leur quarterback de jouer sans devoir constamment improviser.
Le jeu de course offre également des garanties. D’Andre Swift a dépassé les 1 000 yards avec 1 087 yards, tandis que Kyle Monangai en a ajouté 783. Derrière une ligne comportant notamment Joe Thuney et Darnell Wright, Chicago dispose des outils nécessaires pour conserver cet équilibre.
La principale interrogation concerne les receveurs. Le départ de Moore augmente considérablement les responsabilités de Rome Odunze et Luther Burden III. Odunze avait terminé 2025 avec 661 yards malgré des problèmes physiques, tandis que Burden devrait bénéficier d’un rôle beaucoup plus important. La présence de Colston Loveland, meilleur receveur statistique de l’équipe en 2025 avec 713 yards, donne toutefois à Williams une cible particulièrement intéressante dans l’axe.
Le potentiel est donc immense. Mais pour rejoindre définitivement l’élite, Williams devra augmenter son taux de passes complétées et prouver qu’il peut conserver son efficacité lorsque les turnovers adverses ne donnent pas régulièrement des positions favorables à son attaque.
La défense 2026 des Chicago Bears
C’est probablement ici que se trouve la principale inquiétude. Les Bears ont perdu plusieurs joueurs majeurs d’une défense qui, malgré ses interceptions, concédait déjà beaucoup trop de yards.
La ligne reste articulée autour de Montez Sweat, auteur de 10 sacks en 2025, accompagné de Gervon Dexter et Grady Jarrett. Mais Chicago n’avait enregistré que 35 sacks collectivement la saison dernière. Générer davantage de pression sans blitz devra constituer une priorité.
Derrière, Devin Bush apporte de la vitesse au poste de linebacker, tandis que Jaylon Johnson demeure la référence au poste de cornerback. Le chantier principal concerne néanmoins les safeties. Byard était à la fois le meilleur intercepteur et l’un des leaders de cette défense. Coby Bryant et Dillon Thieneman possèdent les qualités athlétiques pour renouveler le poste, mais leur capacité à reproduire immédiatement la production de 2025 reste inconnue.
C’est d’autant plus important que le différentiel de +22 turnovers enregistré l’an dernier paraît très difficile à reproduire. Une régression dans ce domaine obligerait la défense à devenir beaucoup plus régulière sur l’ensemble des drives.
Le roster type pour la saison 2026
Attaque: Caleb Williams – D’Andre Swift – Rome Odunze – Luther Burden III – Kalif Raymond – Colston Loveland – Braxton Jones – Joe Thuney – Garrett Bradbury – Jonah Jackson – Darnell Wright
Défense: Montez Sweat – Grady Jarrett – Gervon Dexter Sr. – Dayo Odeyingbo – Devin Bush – TJ Edwards – D’Marco Jackson – Jaylon Johnson – Dillon Thieneman – Coby Bryant – Tyrique Stevenson
Le calendrier 2026 des Chicago Bears
Chicago débutera à Carolina avant de recevoir Minnesota, Philadelphia et les Jets. La première partie de saison offre donc plusieurs occasions d’accumuler des victoires, même si le déplacement à Green Bay en Week 5 et la réception des Eagles constituent deux tests majeurs.
La séquence précédant la bye week sera particulièrement révélatrice avec New England, Seattle et Tampa Bay. Après la pause de la Week 10, les Bears affronteront notamment Detroit à Thanksgiving avant un dernier mois autrement plus compliqué.
Entre les Weeks 15 et 18, Chicago devra en effet se déplacer à Buffalo, recevoir Green Bay le jour de Noël, accueillir Detroit, puis terminer à Minnesota. Une conclusion extrêmement exigeante qui pourrait déterminer non seulement le titre de division, mais également le positionnement de Chicago dans la conférence.
Quel bilan pour les Chicago Bears lors de la saison 2026
Les Bears ont suffisamment de talent pour confirmer leur statut de prétendant aux playoffs. Caleb Williams devrait encore progresser dans le système de Ben Johnson et l’attaque possède davantage de solutions qu’à presque n’importe quel moment de l’histoire récente de la franchise.
Mais reproduire exactement le scénario de 2025 paraît difficile. La défense a perdu plusieurs playmakers importants et dépendait énormément des turnovers. Le calendrier de fin de saison est également brutal.
Notre projection : 10 victoires et 7 défaites. Chicago devrait rester dans la course au titre de NFC Nord jusqu’au bout et possède désormais un effectif capable de gagner plusieurs matchs en janvier. Pour envisager réellement le Super Bowl, une condition semble néanmoins incontournable: la défense devra progresser indépendamment des pertes de balle provoquées. Si c’est le cas, ces Bears pourraient ne plus être seulement une équipe montante, mais l’un des véritables poids lourds de la NFC.

