Matthew Stafford

Matthew Stafford, nouveau roi des pick 6!

Il y a des records que l’on célèbre, d’autres que l’on préférerait abandonner aux livres d’histoire. Matthew Stafford appartient désormais seul à la seconde catégorie. Dimanche soir, dans la défaite des Los Angeles Rams à Denver (30-26), le quarterback a lancé le 33e pick-six de sa carrière, dépassant Brett Favre et ses 32 interceptions retournées pour un touchdown.

Hufanga fait basculer la soirée

L’action est arrivée au pire moment. Dans le quatrième quart-temps, sous la pression du blitz des Broncos, Stafford a cherché à prolonger une action qui aurait sans doute mérité de mourir dans le gazon. Talanoa Hufanga a lu la passe, intercepté le ballon puis traversé 66 yards pour inscrire le touchdown donnant l’avantage à Denver.

Une erreur que Stafford n’a pas cherché à maquiller après la rencontre. Le vétéran a reconnu qu’il aurait dû se débarrasser du ballon plutôt que tenter de fabriquer quelque chose sous pression. Cruelle ironie: Hufanga l’interceptera une seconde fois sur l’ultime possession des Rams pour clore la rencontre.

Le prix de la longévité

Mais ce record doit aussi être mis en perspective. Derrière Stafford et Favre apparaissent Dan Marino (29), Joe Namath (28), puis Drew Brees et Peyton Manning (27). Autrement dit, une collection de quarterbacks qui ont beaucoup joué, énormément lancé et rarement eu peur de prendre des risques.

Stafford dispute en 2026 sa 18e saison NFL. Avant même cet exercice, il comptait 64 516 yards et 423 touchdowns à la passe. Surtout, il sort de la meilleure saison de sa carrière: 4 707 yards, 46 touchdowns pour seulement 8 interceptions en 2025, avec à la clé un titre de MVP.

Voilà pourquoi ce 33e pick-six mérite une nuance. Il ne gomme ni le Super Bowl LVI remporté avec les Rams, ni près de deux décennies passées à attaquer les fenêtres les plus étroites y compris lorsque les Lions évoluaient en plein marasme. Stafford a construit sa carrière avec ce bras et cette conviction parfois déraisonnable qu’une passe reste possible.

À Denver, cette philosophie lui a coûté cher. Elle lui vaut désormais un record dont il se serait volontiers passé. Mais, quelque part, il porte aussi la signature d’un quarterback qui, depuis 2009, n’a jamais vraiment appris à jouer avec le frein à main.

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