Tampa Bay Buccaneers

Tampa Bay Buccaneers: le bateau prend l’eau!

À Tampa, le drapeau pirate flotte toujours au-dessus du Raymond James Stadium. Mais après trois semaines, ce drapeau commence sérieusement à manquer de vent. Trois matches, trois défaites et, désormais, un capitaine à l’infirmerie: les Buccaneers ont connu des mois de septembre plus tranquilles.

Le bilan de trois défaites pour aucune victoire raconte déjà une partie de l’histoire de ce début d’exercice 2026. Cincinnati (33-27), Cleveland (23-19), puis Minnesota (23-16) ont successivement repoussé Tampa Bay vers une situation que la franchise n’avait plus connue depuis 2014. Mais les scores ne disent pas tout. Ils racontent même assez mal le sentiment laissé par ces Buccaneers, capables de rester suffisamment proches pour espérer, jamais assez maîtres de leur football pour rassurer.

Comme si, depuis le début de la saison, le bateau avançait sans véritablement savoir dans quelle direction naviguer.

Une attaque qui cherche encore son identité

Le problème de l’attaque des Tampa Bay Buccaneers est sans doute le plus criant en ce début de saison. Pendant plusieurs années, Tampa Bay avait fini par trouver une formule assez simple autour de Baker Mayfield: du caractère, de l’agressivité, des receveurs capables de gagner leurs duels (pensée bien évidemment pour Mike Evans) et un quarterback autorisé à jouer avec cette part d’instinct qui constitue autant sa force que son principal défaut.

L’arrivée de Zac Robinson devait faire évoluer cette attaque. Trois semaines plus tard, elle semble surtout l’avoir privée de ses automatismes. Tout paraît plus difficile pour les Bucs offensivement. Les drives manquent de rythme, le jeu de passe intermédiaire peine à s’installer et Mayfield donne parfois l’impression de réfléchir là où, auparavant, il se contentait de jouer. Les Buccaneers avancent ainsi par à-coups, capables d’une série convaincante avant de disparaître pendant plusieurs possessions.

Les chiffres ne sont alors plus une explication mais le symptôme: Tampa Bay possède l’une des attaques les moins efficaces de NFL en EPA par jeu après trois journées. Mayfield a déjà été sacké treize fois. Et sur troisième tentative, à peine un essai sur trois se transforme en first down.

Même le quarterback a reconnu devoir davantage faire confiance au timing de ses receveurs. Une petite phrase qui en dit finalement beaucoup. Dans une attaque qui découvre encore son langage, Mayfield semble parfois chercher ses mots.

Mayfield, le coup de trop

Son mois de septembre avait pourtant commencé dans son registre habituel: mouvementé.

À Cincinnati, ses trois fumbles perdus avaient pesé lourd dans la défaite. Next Gen Stats estimait qu’ils avaient, à eux seuls, fait perdre près de 33 points de pourcentage de probabilité de victoire aux Buccaneers. Une statistique pour le moins spectaculaire, mais surtout révélatrice d’un quarterback qui tente parfois de sauver une action déjà perdue.

Puis Minnesota est arrivé! En fin de rencontre, sur une quatrième tentative, Mayfield est touché à la main droite. Le diagnostic tombe quelques heures plus tard: luxation du pouce de sa main de lancer. L’IRM écarte une atteinte ligamentaire ou tendineuse plus sérieuse, mais Todd Bowles annonce au moins trois semaines d’absence.

Et soudain, le mauvais départ change de dimension. Car Tampa Bay ne doit plus simplement réparer son attaque. Il doit désormais le faire sans celui autour duquel elle avait été construite. Le rookie non drafté Jalon Daniels récupère les commandes. Son entrée contre Minnesota (trois passes tentées, aucune complétée et une interception) n’avait évidemment rien d’un contexte idéal. Mais elle suffit à mesurer l’ampleur du défi.

Une défense pour maintenir le navire à flot

Tout n’est pourtant pas englouti. Pendant que l’attaque cherche son identité, la défense continue de se battre pour lui offrir du temps. Tampa Bay ne concède que 3,1 yards par course, deuxième meilleure marque de NFL après trois journées. Face aux Vikings, elle n’a autorisé que 230 yards et neuf first downs. Sur les 23 points encaissés, sept sont même venus d’un retour de punt de 86 yards.

Voilà peut-être le principal motif d’espoir pour les floridiens! Les Buccaneers ne ressemblent pas à une équipe dépassée. Ils ressemblent plutôt à une équipe déséquilibrée. Une défense suffisamment solide pour maintenir les rencontres à portée, un jeu au sol encore capable d’avancer et une attaque qui possède davantage de talent que ne le suggèrent ses trois premières sorties.

Mais la marge de manœuvre s’est déjà considérablement réduite. Green Bay se présente dimanche, avant Dallas puis Pittsburgh. Une séquence suffisamment relevée pour transformer rapidement un mauvais départ en véritable crise.

À Tampa, personne ne parle encore de naufrage. La saison est trop jeune et le bateau possède encore quelques solides morceaux de coque. Mais sans Mayfield, les Buccaneers vont devoir découvrir rapidement s’ils savent naviguer autrement. Car après trois semaines, le danger n’est peut-être pas encore de couler. C’est de ne plus savoir où diriger le bateau.

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